L'économie sociale et solidaire en 2019 : un secteur en mutation, et qui recrute !

Economie sociale et solidaire en 2019 : un secteur en mutation, et qui recrute ! (15/05/2019)

Difficile de bien cerner les contours de l’Economie sociale et solidaire (ESS), vaste secteur d’activité en mutation, où les associations ont une place prépondérante. Dans le contexte évolutif du travail et de l’emploi, l’économie sociale s’adapte à travers ses formations, ses métiers et filières d’activité.

ESS comme Economie sociale et solidaire. Cette appellation regroupe un vaste champ d’activités, dont la gouvernance, les spécificités et les métiers, apparaissent encore trop souvent abstraits ou méconnus. Il s’agit pourtant d’un secteur important, en plein essor, qui pèse en matière de travail et d’emploi, avec un réel impact dans les territoires.

L’économie sociale et solidaire regroupe des entreprises de droit privé, à but non lucratif, ou à lucrativité limitée. Celle-ci existent sous diverses formes : associations, mutuelles, fondations, coopératives, entreprises sociales et solidaires. Toutes ces entités fonctionnent sur le principe de la solidarité en s’appuyant sur un mode de gestion participatif et démocratique (« une personne, une voix »). Ce sont donc des sociétés de personnes, et non de capitaux. Les entreprises de l’ESS utilisent principalement leurs bénéfices au maintien ou au développement de leurs activités afin de servir une cause. Elles portent un projet collectif, le plus souvent à finalité sociale et/ou environnementale.

Globalement, l’économie sociale et solidaire agit en faveur des questions majeures de notre société : emploi, éducation, santé, logement, culture, loisirs… Chacune de ses composantes (associations, mutuelles…) se concentrent sur divers champs d’activité. Ainsi, la majeure partie des associations couvrent les domaines du sport, des loisirs, de la culture et de l’action sociale, en particulier l’insertion, l’emploi et les services à la personne. Pour leur part, les mutuelles agissent principalement dans les domaines de la santé, de la prévoyance, des assurances et des activités sanitaires et sociales.

Développement autour de l’insertion

Depuis ces dernières décennies, l’économie sociale et l’entreprise sociale se sont développées autour de questions nouvelles, telles que l’insertion, le commerce équitable et l’environnement. La loi du 31 juillet 2014 relative à l’ESS a pris en compte ces évolutions et apporté une reconnaissance au secteur en facilitant la possibilité « d’entreprendre autrement » dans des sociétés de personnes. Dès lors, les sociétés commerciales ont pu entrer dans le champ de l'économie sociale et solidaire en respectant et en développant les principes et actions d’utilité sociale. Les mesures de la loi permettent en outre de favoriser le développement du secteur de l’ESS : instauration d’un guide de bonnes pratiques, reconnaissance législative des institutions représentatives de ce secteur, renforcement du financement de ses acteurs par des instruments financiers adaptés, etc.

Aide-soignante, animateur, chargé de projets, chargé d’accueil, conseiller habitat… : la diversité des métiers, au sein de filières d’activités diverses, constitue une des caractéristiques de l’ESS. Dans une société en mutation, où le travail et l’emploi évoluent sans cesse, le secteur de l’économie sociale et solidaire doit s’adapter à l’environnement et au vieillissement de la population. « Nous avons un fort enjeu démographique : nous allons, en effet, faire face à 700 000 départs à la retraite d'ici à 2025 », indique Sébastien Darrigrand, délégué général de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES).

Se former à l’économie sociale et solidaire

Pour répondre aux enjeux et besoins, le secteur s’adapte en amont via la formation. Celle-ci prépare à tous les métiers issus de l’ESS, quel que soit l’activité, mais également à de nouvelles fonctions en lien direct avec l’économie sociale et solidaire. Ainsi, en matière de formation initiale, le monde universitaire s’intéresse de plus en plus à ce secteur en créant des filières très professionnalisantes. A titre d’exemple, le diplôme universitaire Business management, en partenariat avec le groupe SOS (Université Paris-Dauphine), forme de futurs entrepreneurs sociaux. Le secteur de l’ESS n’est ainsi plus seulement réservé à des bénévoles, mais également à des professionnels qui doivent être formés à des outils de gestion spécifiques.

A noter en outre, le fort développement des Mooc, formations en lignes, le plus souvent gratuites, permettent de bénéficier d’un enseignement spécifique dans l’ESS. Passer du stade de l’envie à celui de l’action, financer son projet solidaire, trouver des partenariats… : ces formations donnent les outils nécessaires pour concrétiser et réussir un projet d’entreprenariat social. Les écoles de commerces HEC et Essec, ainsi que le groupe SOS, proposent des formations sous forme de Mooc (www.esspace.fr/moocs.html).

Une place significative sur le marché de l’emploi

Ces dernières évolutions et tendances témoignent du rôle grandissant de l’économie sociale et solidaire au sein de la société, de son poids économique et de son impact en matière d’emploi. En représentant 10, 5% de l’emploi total en France, l’ESS a une place significative sur ce marché (*). Ce sont les associations qui détiennent le plus fort volume de l’emploi (78 % contre 13 % pour les coopératives et près de 6 % pour les mutuelles). Avec 63 % des emplois du secteur, l’ESS est le premier employeur de l’action sociale. Le travail et l’emploi au sein de l’économie sociale et solidaire se caractérisent également par la faible part du nombre de salariés au sein de ses structures. Ainsi, près de neuf entreprises sur dix (87 %) comptent moins de vingt salariés. Autre spécificité : le sexe et l’âges des salariés. Les personnes salariées travaillant dans le secteur de l’ESS sont pour 67 % d’entre elles des femmes. Parmi l’ensemble des salariés, plus d’un sur quatre (27 %) a plus de 50 ans tandis que moins d’un sur cinq (19 %) a moins de 30 ans.

Le secteur de l’économie sociale et solidaire promet à l’avenir de nouvelles évolutions en matière de travail et d’emploi. « 400 000 créations de postes sont prévues d'ici à 2022 sur les métiers du « prendre soin » : petite enfance, bien vieillir… Une filière verte est également en train de se développer autour de l'économie circulaire, le recyclage, les circuits courts, etc. », précise Sébastien Darrigrand. Parmi les filières d’avenir, on compte aussi les services de proximité. Toutes ces opportunités ne doivent pas cacher les difficultés actuelles de recrutement liés aux profils et à la pénurie de candidats dans certains secteurs. L’aide à domicile, le sanitaire, le social et le médico-social témoignent de ce déficit. Des secteurs où les besoins seront grandissants pour faire face au vieillissement de la population.

Rédaction de Libegaf

(*) Chiffres de juillet 2016. Sources : ONESS, APEC, France Stratégie (réunies par l’UFDES).

Sources :

www.emploi-ess.fr

www.esspace.fr

www.enssemble.org